Lundi 9 octobre - Des baleines et des fous à pattes bleues...

Récit par Laura

C'est enfin le grand jour, depuis le temps qu'on en parle, c'est parti pour l’ile de la Plata.

Départ prévu à 9h30. On est en avance, car j’étais grave pressée de partir. Du coup on en profite pour se balader sur la plage, regarder bosser les pêcheurs, pour enfin finir à la bourre.

Le mec de l'agence nous rattrape dans la rue, il est 9h45 et nous on allait encore trainer. Ouf ils ne sont pas partis sans nous !

On prend un moto-taxi pour rejoindre plus vite la plage (nous qui avions au moins refusé une dizaine de fois leurs propositions, là on le prend gratos ! La classe)

Avant de monter dans le bateau, tout le monde dépose ses chaussures dans un grand sac en toile (ils font peut-être recèle de chaussures pour arrondir leurs fins de mois).

Allez, le bateau démarre, c'est parti ! Ca tangue un peu, le guide nous prévient que si on a le mal de mer, il faut vomir à l'arrière du bateau et pas dans les toilettes, car c'est mal ventilé. Charmant pour débuter. Le guide a l'air de pas mal déconner, c'est tant mieux.

1h20 pendant laquelle succèderont léger mal au cœur et émerveillement total quand j'aperçois soudainement deux baleines sauter juste sous mes yeux. Tout le monde pousse des cris de joie, sort de sa torpeur et oublie les nausées.

Une baleine et son petit nous feront l'honneur de rester près de nous en nous saluant avec leurs nageoires. Enfin... ils font ca pour effrayer leurs prédateurs, car ça fait beaucoup de bruit.

Je ne peux écrire à quel point ce fut riche en émotion, j'en tremblais de les voir si près, une dizaine de mètres, à sauter, à nager, c'était incroyable, merveilleux. Le contraste entre la blancheur de leur côté ventral et la noirceur de leur côté dorsal, plus les quelques bosses (eh oui, c'est des baleines à bosses, d'environ 16-18m, belles bête). C'est tout simplement sublime.

Je ne pensais pas être autant en extase devant des baleines, mais ca impressionne drôlement !

Bon, c'est pas le tout, on repart pour l'île. En arrivant, petites bananes et gâteaux de bienvenue devant une foule d'admirateurs (une nuée de moineaux qui n'hésitent pas à venir picorer dans la main ou à s'assoir sur ta chaise).

Le guide nous explique ce qu'on peut voir dans l'île et surtout qu'il va falloir choisir entre 2 chemins. On choisit le plus dur en espérant que le couple de russes et leur fille ne nous suivent pas, et pour cause, ils sont très bruyants et la dame porte des escarpins à talons. Pour une rando de 3h, c’est pas top. Malheureusement, tout le groupe sauf eux et un autre couple plus roots celui là, nous suivent. C'est parti pour la montée. Jolie vue sur l'île (végétation comme à Agua Blanca. Tout est très gris et sec, sauf quelques tâches vertes d'arbres subsistent). C'est la saison sèche, et ici, elle porte bien son nom.

Première rencontre avec des fous à pattes bleues.

Ils ponctueront le chemin pendant toute la visite, puisqu'ils ne vivent que là où il y a peu de végétation. Souvent en couple, parfois avec leurs bébés, trop mignon. Il faut presque les pousser avec les pieds pour pouvoir passer.

Première leçon : reconnaissance du mâle et de la femelle. La femelle est plus grande, a des pattes plus bleues (quand elle est plus jeune que le mâle) et à l'iris plus grand.

Deuxième leçon : la vie sentimentale des fous à pattes bleues. Quand un mâle n'a pas de femelle, il prépare un nid, et va chercher une femelle en lui offrant de la végétation et des plumes.

Quand une femelle n'a pas de mâle, elle essaye de piquer celui d'une autre et le mâle, fier, fait son choix entre les deux. Le guide s'amuse de la ressemblance avec les humains.

Deuxième rencontre : un autre fou (me rappelle plus du nom) lui il a besoin d'une petite pente pour décoller. Du coup, il se trouve plus aux environs des falaises.

Troisième rencontre : Bah, elle n’a pas eu lieu. On n’a pas vu les lions de mer.

si si, c’est un bébé

Quatrième rencontre : un albatros (très caché mais on voit sa tête et son bébé (si on peut dire, à 2 mois c'est déjà un molosse, plus grand qu'un chien !!!)

A l'âge adulte, un albatros fait 2 m 50 d'envergure. C'est comme un avion : piste d'atterrissage (parfois mortel) obligatoire.

Quand à l'amour des albatros, c'est plutôt la passion. Monsieur n'a qu'une femme pour la vie. Si l'un est séparé de l'autre, il se suicide en cessant de s'alimenter. C'est beau l'amour !

On verra aussi de plus loin des frégates (sans leur fameux sac rouge sous le cou), des vautours, un colibri et d'autres moineaux. Sur le bord de mer, on reconnait des pélicans.

Comme prévu, la nana aux sandales n'en peut plus, elle a mal aux pieds (sans blague !), se recoiffe pendant les pauses et s'étonne des montées de l'île.

J'oubliai de parler de la vue sur la côte morcelée de l'île, de l'eau turquoise. Ca donne carrément envie de se baigner.

De retour au point de départ, deux questions nous taraudent. Quand est ce qu'on mange et quand est ce qu'on va voir les poissons ? Réponse : tout de suite, juste le temps d'embêter les crabes sur la plage, on remonte dans le bateau.

Petit encas et on débarque dans une crique où on enfile masques et tubas.

Du bateau, on aperçoit déjà un banc de gros poissons noir, orange et violet.

Vite à l'eau, même si elle est froide. Début d'observation difficile, masque trouble. Je change, je me calme (pour la respiration) et là c'est l'enchantement, des gros, des petits, des bleus tachetés, des bleus à queues jaunes etc. Magnifique !

Ensuite, retour à la réalité continentale, mais comme nous avons vraiment beaucoup, beaucoup de chance, re-baleines, encore plus proches, pleins de sauts. Le plein en émotion, c'est vraiment un moment fort !

Retour un peu dans le froid, envie de voir encore et encore des baleines. On ne regrette pas nos heures de bus et les 45$ pour la journée.

Comme la chance nous gâte, il reste même de l'eau chaude à l’hôtel. Repas sur le bord de la plage, poisson bien entendu. Avec pour fond musicale la propagande pour les élections prochaines qui commence à taper sur les nerfs de Seb.

Aller, après tant d'aventure, gros dodo, c'est une bonne fatigue, ça fait plaisir.

En espérant que la télé à fond dehors (jeu télévisé ou sport) avec les gens qui crient ne nous empêchent pas de fermer l'œil.

Je vais sûrement rêver de baleines.

(Petite précision, c'était pas un jeu télévisé, mais un meeting politique pour de vrai... les élections, un sport national !)

Conseils aux voyageurs

Isla de la Plata, à ne rater pour rien au monde, voir une des agences dans la ville pour l’entrée et le bateau (même tarif partout...). Allez-y en septembre pour croiser des baleines... on peu prendre un forfait pour plusieurs jours, ce qui permet de faire l’île de la Plata et les plages de Los Frailes (25 $, mais ca vaut la peine).

S. Froger - L. Le Guen © PreparerSonVoyage.com