Dimanche 1 et Lundi 2 octobre - Trek en forêt primaire

Récit par Seb

Sans doute l'expérience la plus marquante du voyage. Même si elle n’est pas finie à l'heure où j'écris.

On part pour 2 jours dans la forêt primaire de la communauté de campo cocha (2500ha, 203 habitants)

Deux indiens de la communauté nous accompagnent. Gallo qui parle espagnol, ouvre le chemin et nous explique tout.

Silverio, muet, qui veille sur nous comme un ange protecteur. Ce personnage assez mystique semble tout droit sorti d'un film.

Deux excellents guides, connaissant parfaitement la forêt, très attentionnés et près à partager leurs savoirs et traditions.

La première journée se passe à merveille, 6-7 heures de marche (avec repas servi dans des feuilles de bananier s’il vous plait !).

Les montés, descentes, cours d'eau se succèdent avec une variété infinie d'espèces végétales. La forêt semble immense et sa diversité tout autant.

Les pauses sont nombreuses pour nous expliquer les propriétés médicinales des arbres, lianes et plantes que nous croisons. Celle ci soigne la diarrhée, celle ci le mal de crâne et celle là fait pousser les cheveux...

Beaucoup d'orchidées également, des insectes bizarroïdes, des papillons, une mygale.

Mais niveau bébêtes pas cool, on n'est pas stressés, les guides semblent connaître leur affaire et nous rassurent par leur attitude.

On arrive vers 16-17h au "campement" du soir situé au milieu de la forêt. A côté d'un cours d'eau, le milieu est assez ouvert et sublime, un décor de film d'aventure.

On se baigne, on mange, on essaie de pêcher, on discute avec Gallo (très intéressant de connaître mieux la vision du monde selon un quechua) et va se coucher... mais pas dormir.

Le lit est constitué d'une bâche en plastique allant du sol jusqu'au dessus de nos têtes, pour nous protéger de la pluie.

Heureusement, on a amené une moustiquaire pour ne pas être dérangé par les bébêtes.

On est quand même en plein milieu de la forêt amazonienne !

D'ailleurs en inspectant le lit avant de dormir, on trouve un scorpion, que Gallo s'empresse de bruler. Très rassurant.

Les guides dorment sur des feuilles de bananier séchées.

Ainsi commence une longue nuit.

La dureté du sol et la peur des insectes de Laura rendant le sommeil difficile à trouver.

Vers 4h du matin, nous découvrons à nos dépens ce que forêt pluviale signifie. Des trombes d'eau s'abattent sur nous. La bâche montre vite ses limites et les guides s'évertuent à nous conserver un coin au sec.

Après deux heures, on reste plantés assis sur un coin de moustiquaire.

On arrive tant bien que mal à finir la nuit, presque au sec.

Le matin, réveil sans avoir vraiment dormi. La pluie continue, le ruisseau s'est transformé en fleuve boueux.

Les variations dans le paysage sont impressionnantes.

Silverio sort du tabac, se fait une cigarette "traditionnelle" et fume pour chasser la pluie.

Miracle ! Ca fonctionne, 5 minutes après la pluie cesse.

On repart tout crevés et trempés pour 5h de marche.

Heureusement, malgré l'humidité, la pluie intermittente, ça vaut vraiment le coup. Au delà de l'aventure, la densité de la végétation, on peut observer quelques animaux sauvages.

Chose assez rare, on a l'occasion d'observer un groupe d'une dizaine de toucan, moment riche en émotion, même pour les guides.

Retour aux cabañas en début d'après midi sur les rotules, contents de cette expérience et contents de trouver une bonne douche.

On finit la journée en végétant, puis en discutant avec Cesar et Nolwen de leur projet de la culture quechua.

Un excellent projet global, qui mérite d'être mis en avant, dépassant largement le cadre de l'éco-tourisme "classique".

Des gens bien quoi !

Conseils aux voyageurs

Si vous allez Campo cocha ou dans une autre communauté en Amazonie, un trek en forêt primaire permettant de passer une nuit sur place est absolument à faire ! Expérience inoubliable

Attention aux lodges qui proposent de fausses incursions bien chères avec des gros groupes (qui font fuir tous les animaux et dégradent la forêt).

S. Froger - L. Le Guen © PreparerSonVoyage.com